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Samedi 4 Juillet 2009, St Thomas
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Edito

Je ne comprends pas pourquoi la nécessité impérieuse de gagner sa vie, avec en outre, l'obligation de conserver son emploi dans une conjoncture ou la précarité est souvent de mise ,devrait forcément impliquer l'accomplissement d'une carrière professionnelle, en l'occurrence comme conducteur de bus, en subissant des brimades caractérisées par de la violence verbale ou quelquefois physique? Comme si on voulait  faire payer en retour à l'agent, le fait qu'il n'appartienne pas à la communauté grandissante des victimes de l'exclusion sociale et économique.La différence de statut social étant perçue comme une injustice.

J'ai la sensation absurde, mais tout à fait justifiée, que l'unique fait d'être au volant du bus, constitue le seul mobile à l'attitude vindicative de certains individus.A mon sens, l'origine de ce phénomène est du domaine de l'irrationnel, parce-qu'il n'a aucune cohérence apparente.

Notre vécu est d'autant plus douloureux, que les intermittentes agressions que nous avons à subir dans l'exercice de ce métier, ne suscitent guère de compassion à notre égard, au contraire, certains auront tendance à les trouver justifiées .Cela parce-que l'on nous perçoit souvent comme des pseudos travailleurs qui méritent qu'on leur inflige quelques "brutalités".

Ce qui confirme mes propos, c'est que quelquefois, lorsque certains utilisateurs de l'autobus subissent une contrariété, ils nous disent : "c'est pas étonnant que vous vous fassiez agresser, vous les chauffeurs".Ce qui veut dire qu'il est" légitime" que l'on nous tabasse.

A la Régie des transports marseillais, il n'y a pas que les chauffeurs de bus qui sont à l'origine de l'image de leur entreprise. Les responsables  qui gèrent le fonctionnement de cette dernière, peuvent  également être le vecteur d'une bonne ou d'une mauvaise image, et leur comportement est à mon sens bien plus déterminant sur l'opinion du public lorsqu'il juge l'efficacité de la RTM. Mais cet aspect des choses passe quasiment inaperçu.Certes, par anticipation, on juge souvent la vitrine pour se faire une idée globale d'un établissement...et quelquefois aprés avoir expérimenté les services du commerçant, on s'aperçoit que le gérant n'est pas à la hauteur des espérances que suscitait sa devanture.Dans ce cas, même si effectivement ,des efforts quotidiens sont accomplis afin de rendre la vitrine  commerciale, la boutique dans son ensemble finira quand même à avoir mauvaise réputation.

En terme imagé, je dirais que le lampiste se prend le boomerang dans la gueule, alors qu'il ne l'a jamais lancé..En effet par un processus naturellement perverse, le chauffeur qui ne l'a nullement envoyé, se trouve néanmoins impacté par l'objet tournoyant, ce qui préserve de son singulier effet, la personne qui l'a projeté dans les airs et qui devrait, logiquement le recevoir.

Quand je pense que la plupart du temps, les bus de la RTM sont prisonniers des coutumiers et inextricables embouteillages de notre cité, ce qui par conséquent leur fait prendre des retards considérables et continuels, et que d'autre-part, la population qui ne prend pas en compte ces paramètres, axe maladroitement son jugement sur la volonté au travail des chauffeurs de bus de la RTM, par rapport au niveau de ponctualité, de régularité et de fréquence des véhicules de transport de la régie, alors que les agents de conduite sont dans l'impossibilité de parvenir à ce niveau de prestation...En basant mon raisonnement sur cette apparente confusion de l'origine des perturbations quotidiennes du réseau de bus ,je comprends pourquoi les gens ont autant de déconsidération de notre corporation, ce qui n'exclue nullement dans mon esprit, l'évidente, mais néanmois ignorée, illégitimité de la piètre reconnaissance envers les chauffeurs. Les marseillais ont du mal à ne pas amalgamer le niveau de mérite de la régie des transports de la ville de marseille en tant qu'entreprise institutionnalisée, avec le mérite intrinsèque de ses salariés, qui au demeurant est loin d'être le même.Il est vrai toutefois, que la RTM est tributaire de la volonté politique des élus .

Ce qui est bizarre et même inquiétant,parce-que cela en dit long sur l'état d'éveil de certaines personnes, c'est que les gens en attente du bus depuis un long moment,et qui sont au demeurant légitimement exaspérés, trouvent improbable que les problèmes de circulation puissent être à l'origine de l'absence des véhicules de transport, tant désirés; mais en revanche,ces mêmes personnes sont souvent convaincus que la nonchalance des chauffeurs en est la cause...

En conduisant le bus, il suffit parfois d'omettre de donner satisfaction à un caprice, pour être exposé à de grossières insultes, voire, à un tabassage en représaille.De pareils comportements ont des relents de fascisme que mussolini lui-même,ne renierait certainement pas.

S'il est vrai qu'ici, il ne s'agit pas de haine raciale, il n'en reste pas moins qu'au niveau de la violence, de la bassesse humaine et du mépris porté, il y a certaines ressemblances..

En outre, nous devons subir ce genre de situation préjudiciable sur le plan de notre intégrité psychologique, dans l'indifférence générale et en obtenant aucune aide ou soutien, si ce n'est quelques simulacres d'assistance.

D'autre-part, une deuxième agression vient parfois se greffer à la première, en ce sens que l'employé qui a répondu à une insulte, par une autre insulte, peut se voir retenir contre lui par son entreprise ou une juridiction, l'insulte qu'il a proférée , sans aucune considération sur son agression initiale qui a généré sa réaction.



 

La notoire agressivité de certains usagers de la régie des transport marseillais envers leurs conducteurs de bus, est à mon sens, alimentée par l'incurie de la communauté urbaine de la cité phocéenne, dans son rôle d'autorité organisatrice de la régie.En effet, une partie de la population marseillaise qui se trouve tributaire du service de la RTM, et qui est frustrée par les carences de cette dernière en matière de ponctualité et de fréquence de son trafic d'autobus, répercute son ressentiment de l'attente prolongée aux arrêts, sur les représentants de la RTM, en l'occurrence, le personnel affecté à la conduite des autobus.Au volant du bus,à chaque fois que nous sommes retardés par les embouteillages, cela génère des tensions parmi les gens qui attentent aux arrêts.Lorsqu'ils montent sur la voiture, souvent certains passagers nous regardent en chien de faience,ils nous remettent leurs pièces en tapant sur le monnayeur.Certains nous disent: vous êtes en retard!! vous ne respectez pas les horaires!! nous allons travailler!! ce n'est pas normal!!Parfois un individu veut se "venger" d'avoir attendu, en appuyant sur le bouton d'arrêt demandé systématiquement sans que personne ne veuille descendre, histoire de faire travailler ce fainéant qui conduit le bus.Le chauffeur est donc responsable des problèmes de circulation sur marseille. Cela a les mêmes effets sur le personnel que le harcèlement moral.

Je ne m'explique pas pourquoi certains marseillais ne comprennent pas et n'admettent pas que les bus de la régie des transports de la cité phocéenne puissent être en retard sur leurs horaires de passage.En effet, nul besoin d'une réflexion poussée pour percevoir les problèmes auxquels sont quotidiennement confrontés les chauffeurs de bus lorsqu'ils accomplissent leurs parcours dans les rues de marseille. Les voies de cette ville sont quotidiennement affectées d'inextricables embouteillages alimentés par un concert d'incorrections sur le plan civique et suscités par un manque de répression des pouvoirs publics locaux.En outre, les "raleurs de l'absurde", qui ne comprennent pas les raisons des perturbations au niveau de la régularité de passage des bus de la RTM, font quelquefois subir leur colère aux conducteurs de la régie...peut-être que certains utilisateurs des autobus pensent que les traminots marseillais sont pourvus des extraordinaires dons, du célèbre magicien "David copperfield"? et qu'ils ne s'en servent pas pour solutionner les problèmes de circulation...

D'autre part, la présence d'effectifs de police spécialisés dans la surveillance des transports urbains de la ville, étant nettement insuffisante, pour ne pas dire inexistante,outre de laisser le réseau dans l'insécurité, cela a pour effet d'inciter des chauffeurs à se défendre eux-mêmes, face aux délinquants.Au risque qu'ils s'exposent à la violence et à une application sans interprétation de la législation par l'institution judiciaire, susceptible de générer des sanctions injustes avec une situation de légitime défense de l'employé.En effet, à la suite d'une bagarre entre un usager de l'autobus et un traminot, pour que le parquet n'engage pas de poursuite à l'encontre de l'employé, il faut vraiment que ce dernier se soit fait salement amoché par son assaillant avant de répliquer.De telle sorte que les différentes autorités, interne à l'entreprise et de justice, ne puissent se tromper de victime..

Par ailleurs,je suis outré par l'attitude de la police marseillaise.Les gardiens de la paix ou autres CRS, sont prompts à réprimer les chauffeurs de bus, souvent pour des peccadilles; et en même temps , cette autorité publique ferme les yeux sur les contrevenants qui gênent ou empêchent la progression normale des autobus, en plaçant les conducteurs de bus dans des conditions de travail d'une extrême difficulté, et les exposant anormalement au risque d'accident impliquant leur véhicule.

Nous constatons souvent avec mes collègues conducteurs de bus, que les fonctionnaires de police marseillais ont une certaine incompréhension vis à vis des impondérables inhérents à la conduite urbaine des véhicules à fort gabarit comme les bus de la RTM. Lesquels, indépendamment de la volonté des chauffeurs, peuvent se trouver placés en porte à faux avec le stricte respect de la réglementation. En outre, la police marseillaise intègre vraisemblablement les préjugés locaux traditionnels sur les traminots.Par conséquent, ces messieurs, dames, qui incarnent l'autorité publique, n'ont pas du tout envie d'être indulgents envers les chauffeurs de la régie, même si les conditions de leur travail sont particulièrement difficiles. Difficultés auxquelles les policiers contribuent, par leur passivité à réprimer le stationnement sur les voies de circulation des bus.

L'une des critiques des policiers à l'égard des chauffeurs de bus, est la soit-disant propension de ces derniers à griller les feux rouges.Cette mise en cause des traminots concernant cette règle essentielle du code de la route, se fonde effectivement sur une mauvaise interprétation de l'observation de certaines scènes, au cours desquelles des témoins peuvent croire à tord que le chauffeur de bus vient de franchir  délibérement le signal lumineux au rouge.Il est important de ne pas amalgamer les "assassins" du volant qui franchissent les feux rouges, avec un chauffeur de bus, qui, malgré sa vitesse modérée, ne peut pas immobiliser son lourd véhicule bondé de voyageurs sans compromettre leur sécurité, et franchit avec le devant de son véhicule le signal orange, quasiment au moment de son déclenchement.Par conséquent, eu égard à la longueur de l'autobus, lorsque l'arrière du dit véhicule franchit le feux, ce dernier est au rouge..

En résumé, en permanence nous devons agir sur le système de freinage pour obtenir le meilleur compromis entre le souci de sécurité à l'intérieur du bus et la sécurité extérieure inhérente à la circulation urbaine, pas toujours en corrélation.Eh oui, la procédure pour conduire un véhicule lourd qui a une forte inertie lorsqu'il roule, ne se fait pas de façon aussi évidente que pour la conduite d'une automobile, laquelle a une capacité d'immobilisation beaucoup plus importante, et  ses passagers ne sont pas debouts, mais assis.

Des personnes mal intentionnées qui ont assez de pragmatisme pour avoir conscience de cette situation équivoque, s'en servent pour stigmatiser les chauffeurs et monter l'opinion contre eux.

C'est trop facile de pointer un doigt accusateur vers la corporation des traminots et lui jeter l'anathème.

On ne peut nier que si les bus grillaient les feux rouges comme le signifient nos détracteurs, il se produirait régulièrement de graves accidents impliquant les bus.Ce qui n'est heureusement pas le cas.

Cela dit, nous ne sommes pas des conducteurs parfait, nous sommes des hommes et donc faillibles, mais dans l'ensemble notre façon de conduire reste sécurisante.

Je vous invite à visiter ce blog, http://stluc.over-blog.com/categorie-842450.html , dans lequel le témoignage sur le véritable profil de la corporation des conducteurs de bus marseillais est clair et loyal.


 
Rupture de monnaie

Mardi 22 Janvier 2008 à 20:52

Publié par chauffeur dans Rupture de monnaie

Il me tient à coeur de faire part du courrier que j'avais envoyé au quotidien local,(mais qui est resté lettre morte) suite à  une humeur intitulée " l'appoint sinon rien ", qu'avait publié un journaliste dudit quotidien, pour stigmatiser sévèrement un conducteur de bus qui n'a pas pu rendre la monnaie sur 10euros à un client de la RTM qui voulait acheter un ticket à 1.70euros.Ce journaliste avait donc peut-être apporté sa modeste contribution à une éventuelle reprise,de certaines braises demeurées encore chaudes, et susceptibles d'enflammer quelques relations entres chauffeurs et usagers...

 voici le contenu de ma lettre : " Figurez-vous monsieur le journaliste, qu'avant d'être dans l'impossibilité de rendre la monnaie de 10E au client de la RTM, le conducteur-receveur de la régie a dû probablement se débrouiller pour la rendre cette monnaie, à plus d'une dizaine de voyageurs qui n'avaient que des billets de 20E de 10E et de 5E.Or, peut-être ne l'maginez vous pas, mais la réserve de monnaie d'un conducteur -receveur est minime, et donc facilement épuisable.Par conséquent, dans la situation que vous décrivez, l'agent de conduite devait se trouver en rupture de monnaie.Que vouliez-vous que fît l'agent de la RTM ? qu'il claque dans ses doigts pour la faire apparaitre? la règle dans ce cas, est de demander au client qui désire acheter le ticket, d'aller faire la monnaie auprès des autres voyageurs qui sont dans le bus, ou alors qu'il accepte un reçu de monnaie non rendue, et qu'il aille récupérer le reste de son argent à l'espace infos en centre ville.En cas de refus de cette dernière proposition, ce qui est fréquent au demeurant, le client devrait renoncer à son trajet.Monsieur le journaliste, quant à votre inacceptable sous entendu dans le but d'inciter à l'agressivité envers les conducteurs de la régie, comme si cela était mérité ( vous aviez écrit Monsieur ,quelque chose dans ce genre : " c'est à eux, qu'il faudrait leur rendre la monnaie ") cela m'indigne.Ne croyez-vous pas que nous payons déjà un lourd tribut à la violence? est-il normal que des pères de famille qui font leur travail normalement, se fassent molester sans raison objective? Bien sûr, vous, en tant que journaliste vous ne subissez pas ce genre de chose, et cela ne vous intéresse pas d'être objectif, quand vous jugez les chauffeurs de bus.

Le coutumier acte d'amabilité émanant des chauffeurs de bus de la Régie des transports marseillais, qui consiste à immobiliser leur véhicule en dehors de l'arrêt pour ouvrir la porte de montée à des passants qui l'ont demandé par un geste de la main , est communément appelé par ici, non sans un certain cynisme, "arrêt de faveur".En effet, à qui n'est-il pas arrivé d'être en retard, et de se trouver entre deux arrêts au moment de l'arrivée du bus? et néanmoins se voir invité par le chauffeur à monter dans le véhicule de transport, dans la mesure ou on lui a fait signe? Bien souvent, malgré cet acte obligeant,il arrive que certains profitent de la gentillesse de l'agent de conduite, sans dire un mot pour le remercier.Pire encore, dans le cas ou le chauffeur ne consent pas, pour une raison ou pour une autre, à réaliser "l'arrêt de faveur", généralement on lui crie des insultes, des menaces, ou bien si le conducteur "coupable" de n'avoir pas obtempéré , est reconnu quelques temps aprés, il y a de fortes probabilités qu'il se fasse agresser. A l'origine," l'arrêt de faveur" était un acte librement consenti par le traminot, mais depuis de nombreuses années, il est devenu une exigence, voire même la traduction d'une volonté d'asservissement provenant de certains usagers de la régie.( comme le dit le proverbe:" chacun voit midi à sa porte", autrement dit, on veut  imposer au chauffeur de l'autobus de procéder de la même façon qu'un transport commercial individuel , lequel laisse le choix à ses utilisateurs de l'endroit ou ils vont héler le véhicule pour l'emprunter, et également désignation du lieu pour le quitter). Pour pouvoir accomplir notre journée sans être obligés de subir des exactions, nous devons accomplir des prestations qui ressemblent de plus en plus, à celles des chauffeurs de taxi. Et bien sûr, les conséquences , en terme de stress et de fatigue en fin de journée, sont de nature à affecter sérieusement l'agent. Je voudrais ajouter que ce ne sont pas forcément des gens qui vont travailler, qui sollicitent "l'arrêt de faveur", mais il s'agit quelquefois de personnes qui veulent s'épargner de marcher à pieds sur quelques centaines de mètres.  Bien sûr, sans payer, ni même remercier le chauffeur qui pensait à tord,  rendre un vrai service.

Un archétype populaire classe les salariés des transports urbains, et en l'occurrence ceux de la régie  marseillaise, parmi les travailleurs qui ont peu de volonté à accomplir leur métier. Eh bien, je dirais, pour savoir à quel point les traminots s'investissent dans leur travail, que cette interprétation est antinomique avec leurs qualités. En effet, les agents de la RTM, perçoivent parfaitement la légitimité de l'astreinte que nécessite leur mission de service public, mais il en demeure pas moins qu'ils ne sont pas des robots

Lorsque au volant du bus, j'immobilise bien à droite mon véhicule à un point d'arrêt plus de trente secondes, il se trouve toujours des automobilistes, coincés derrière par la force des choses, qui se mettent en colère et me klaxonnent, voire m'invectivent.Comment se fait-il que les gens ne comprennent pas que du monde descend et monte sur un bus ?et qu'en outre, il incombe au chauffeur de vendre des tickets aux passagers qui lui tendent des coupures de 20E, de 10E et de 5E. Par conséquent, il faut que l'agent rende la monnaie à chacun de ses clients, et parfois ces derniers sont une dizaine, et comme un chauffeur n'a pas quatre mains, il lui faut nécessairement quelques instants pour accomplir son travail avant de redémarrer . En fait, le conducteur qui est bloqué derrière le bus, et qui n'a aucune visibilité sur ce qui se passe, imagine bêtement que le chauffeur profite de l'arrêt pour se reposer.. de la même manière que certains usagers qui attendent impatiemment le passage de l'autobus qui se trouve en retard, et qui estiment que cela est dû à la nonchalance du chauffeur.

La régie des transports de marseille est quasiment obligée de faire allégeance à une certaine population.En effet,il n'est pas rare que dans certains quartiers sensibles de la cité, une horde de jeunes gens, qui non contents d'être transportés sans s'acquitter du prix de leur place, ont la volonté manifeste d'assujettir le chauffeur, que l'isolement rend visiblement vulnérable, à une liste non exhaustive d'exigences illicites ( montée et descente de l'autobus en dehors de l'arrêt suivant le désira ta de chacun, musique forte, gesticulation, conversation à voix haute, cigarette allumée, on se lève pour descendre aprés avoir fini sa conversation ,alors que le véhicule est l'arrêt désiré porte arrière ouverte, et que les derniers passagers en attente de descendre l'ont fait depuis pas mal de temps..) Devant une éventuelle humeur de mécontentement du chauffeur, alors on l'insulte, on le menace, ou bien on le lynche.

Par ailleurs,un jour alors que je circulais au volant d'un bus dans le couloir réservé, une voiture particulière y fit irruption, coupant le devant de mon véhicule.Une collision bénigne s'ensuivit.L'automobiliste véritablement furieux descendit de son véhicule en hurlant des insultes, menaces et obscénités, puis vint me cracher au visage par la fenêtre du bus restée entrouverte, se précipita dans sa voiture et s'en alla rapidement en se gardant de faire les papiers.Cette agression n'est pas un cas isolé.Personnellement, j'en ai subi quelques-unes.Chaque fois, la hargne et la haine étaient présentes et inexplicables.Naturellement, le même sort est aussi "réservé" à bon nombre de mes collègues chauffeurs de bus.

 

D'autre part, les préjugés à l'égard des chauffeurs de bus marseillais sont légion,ces derniers sont censés être en tous points, des travailleurs protégés par rapport à la majorité des autres.Pour beaucoup de marseillais, ces salariés sont des fanfarons, des fainéants et des bons à rien.C'est bien triste de travailler avec une telle considération, la motivation s'est évaporée depuis longtemps.Notre salaire estimé confortable par nos détracteurs, qui pensent que notre rémunération ne correspond pas à notre niveau de compétence,évalué en deça de celui requis pour ce traitement salarial.Cela rend certains, envieux,  haineux et agressifs.

Les chauffeurs de la Régie des transports marseillais méritent plus de reconnaissance que de critiques, je l'affirme en toute objectivité et loyalement. Pourtant, c'est souvent l'inverse que traduisent les propos entre usagers de la régie et ceux qui paraissent dans le courrier des lecteurs du quotidien local. Pourquoi ces jugements presque toujours négatifs et au demeurant souvent illégitimes? S'agit-il de la volonté de ternir leur image par des raisonnements fallacieux? ou simplement de la subjectivité des opinions? en tout cas cela génère quasiment une mise à l'index des chauffeurs, voire carrément une discrimination de profession susceptible de générer de la vindicte sur ces derniers.IL y a dans ce phénomène, un caractère comparable au racisme qui détermine en l'occurrence, une malveillance passive, mais destinée à provoquer une atteinte active (agression) à l'encontre des conducteurs de bus.D'autre part, il est à mon sens regrettable que l'esprit critique des usagers de la RTM, ne se borne qu'à la dépréciation des chauffeurs, à croire que ces derniers sont à l'origine de tous les dysfonctionnements de la RTM.Il serait pourtant judicieux que certains utilisateurs de ces transports souvent affectés d'un mécontentement exclusivement orienté sur les chauffeurs de bus, élargissent leur vision sur la situation des transports urbains marseillais. En effet, il ya manifestement autre chose à dire sur l'entreprise de transport, notammant sur les directives et les moyens mis en oeuvre par la communauté urbaine de marseille dans le cadre de l'offre de service, qui permettront sa fiabilité, cruciale pour les marseillais.

élection?

Lundi 14 Janvier 2008 à 13:25

Publié par chauffeur dans élection ?

Je viens d'apprendre que la communauté ubaine de Marseille a décidé de faire rouler le métro et les bus de la ville juqu'à 23heures, au lieu de 21heures jusqu'à présent. Comme cela, subitement.Cela aprés avoir laissé les marseillais marcher pendant des années, puisque auparavant, aprés 21heures tous les véhicules de transport de la cité rentraient à leur dépot. Je me demande s'il ne faut pas y voir une relation de cause à effet avec les prochaines élections municipales?

Je trouve aberrant les reproches qui émanent des automobilistes marseillais concernant la manière de conduire des traminots.Parce que à l'évidence, on ne peut rendre légitime la prétendue qualité de "plaignants", à des personnes qui se trouvent être, comble de l'ironie, les auteurs de l'incorrection qu'ils dénoncent.( là encore, il se produit un phénomène de projection sur les traminots, par un inversement des rôles)Et pour cause, ces derniers, réfractaires aux règles des priorités, viennent souvent couper le devant des véhicules de transport public de façon impévisible, compromettant par-là même, la sécurité des personnes à l'intérieur du bus.IL m'est arrivé plusieurs fois au cours de mes années passées à conduire les bus, d'être obligé de freiner pour éviter une voiture qui s'engageait en ignorant le code de la route et l'arrivée imminente de l'autobus, provoquant la chute de quelques passagers qui se blessaient dans l'incident.Dans la circulation, les marseillais croient que le devoir des traminots est de céder le passage à tout le monde, en toutes circonstances. Ils semblent penser que nous conduisons le bus sans aucune contrainte, comme si notre véhicule de transport se conduisait de la même manière qu'un véhicule particulier léger, ou peut-être avec moins de difficulté encore.Le conducteur de l'autobus étant considéré comme quelqu'un d'insignifiant, qu'il n'est pas nécessaire de respecter..

Cliché

Lundi 14 Janvier 2008 à 13:06

Publié par chauffeur dans Cliché

J'ai le sentiment que dans l'esprit des clients de la régie des transports marseillais,il se réalise de façon sous-jacente, un amalgame entre les employés qui conduisent les bus, et l'entité appréhendée par le public, en l'occurrence l'administration de la RTM fréquemment objet de défiance.Il est pourtant logique de penser que percevoir les chauffeurs de bus de façon stéréotypée et au travers de l'idée que l'on se fait de leurs gestionnaires, ne donne pas une image intrinsèque des agents de conduite de la régie.Qui plus est,la nature des ces employés est bien évidemment diversifiée, comme dans toutes sociétés.Il me semble nécessaire que les utilisateurs des autobus prennent garde à ne pas être sous l'emprise d'une impression subjective susceptible de leur altérer quelque peu la réalité, quand ils jugent les traminots.Cela pour éviter de donner libre -cours à l'émergence d'illégitimes ressentiments à l'égard de ces agents.

(Je me suis rendu compte qu'il existe un stéréotype du chauffeur de bus : on estime que c'est une personne dépourvue de bon sens, à l'esprit puéril et superficiel. En outre,puisque généralement elle n'a fait nullement de longues études, elle a donc la tête vide, incapable de comprendre ce qui se passe autour d'elle.Ce salarié est censé être comme un minot, capricieux et immature.. )

Je me souviens d'un jour ou je rentrais dans une boulangerie afin de me restaurer, avec la tenue de chauffeur de bus sur le dos.Donc je venais de pénétrer dans le commerce et devant moi se trouvait la personne qui devait me servir; immédiatement après mon arrivée et avant que je ne fasse ma commande, un autre client pénétrait à son tour dans la boulangerie, il s'agissait d'une jeune femme.Cette femme voyant ma tenue, m'ignorait comme si j'étais invisible, et demanda à être servie.Ce qui est stupéfiant c'est que la boulangère qui m'a vu entrer en premier, elle aussi me méprisa en s'apprêtant à servir celle qui me passait devant.Il a fallu que je m'énerve un peu, pour faire réagir la boulangère en me servant d'abord.

Il ne faut pas s'y tromper, ceci  n'est pas un détail insignifiant,il est révélateur de l'effet que génère l'image de la RTM sur la population, avec ses conséquences sur le personnel de cette entreprise.Les gens, quand ils voyent des agents de cette corporation, ils ont tendance à péter les plombs.Certains ont l'impression que les chauffeurs de bus ne sont pas comme tout le monde,mais qu'ils appartiennent à une catégorie d'individus à part, qui ne mérite pas le respect.

Une autre fois, alors que je me trouvais en tenue et que j'étais l'un des passagers d'un bus bondé, un gamin d'une douzaine d'années surgissait de derrière le monde agglutiné, et me donnait un coup de pied au tibia avant de s'enfuir. Acte gratuit, simplement parce-qu'il m'avait remarqué en tant que chauffeur de bus..

Ou encore cette femme qui m'accosta dans la rue pendant ma pause, pour me demander un renseignement.Devant mon impossibilité à la satisfaire, celle-ci énervée, me dit " vous ne méritez pas votre salaire".Je n'étais pourtant pas à sa disposition, un chauffeur de bus n'est pas un agent de police.

Je me souviens également de ce jour, ou un piéton traversait la chaussée à l'arrivée de mon véhicule de transport, en dehors du passage protégé et sans tenir compte du feu qui était au vert .Arrivant donc au-devant de cet homme en costume cravate et petite serviette à la main, je ralentissais pour le laisser passer, mais curieusement, au lieu de presser un peu le pas, cet individu se mit à marcher carrément au ralenti. A ce moment -là ,je donnais un petit coup de klaxon au passage et aller faire mon arrêt une cinquantaine de mètres plus loin.Soudainement, je vis se précipiter vers l'autobus l'imprudent passant , visiblement surexité, et me couvrant littéralement d'insultes, en me menaçant de tabassage...

 

 

 

 

 

.

 

 

lorsqu'un juge dit à un employé de la RTM :"parce-que vous êtes un professionnel, vous n'aurez pas dû vous énerver et bousculer votre antagoniste, même s'il vous a provoqué en vous insultant et en vous crachant dessus; en conséquence de quoi, vous êtes condamné à.." Manifestement le terme "professionnel" employé par des magistrats, ou autres détenteurs d'une autorité hiérarchique sur l'agent subalterne de la régie, sert à éluder l'exigence de soumission, voire d'asservissement, émanant des usagers les plus vindicatifs de l'autobus sur le conducteur.Grâce à la menace d'une sanction suspendue au-dessus de sa tête comme une épée de damoclès,on passe outre l'amour- propre de cet agent en butte aux brimades et insultes, et on évite ainsi sa réactivité qui serait légitime,étant exaspéré d'être rabroué au quotidien sans mobile.Le salarié arrive donc à travailler en évitant l'altercation, feignant d'être "autiste", pour ne pas entraver la marche de l'autobus comme le désire le patron et la clientèle. Mais à quel prix? tout encaisser, tout prendre sur soi, comme une serpillière et se rendre compte que l'on se comporte comme une carpette, pour conserver son emploi.

A mon humble avis, la spécificité du contexte de travail et environnemental des traminots de la régie des transports marseillais, explique en partie, l'instabilité chronique du climat social qui plombe l'activité régulière de leur entreprise (Les traminots marseillais ayant souvent été, par le passé, les plus déterminés de tous les autres réseaux de transport urbain de l'hexagone, à accomplir des mouvements sociaux). A moins que ces personnels dont le job est de conduire les bus, soient d'une nature puérile, de telle sorte qu'ils sont rebutés par le travail et préfèrent en outre, perdre le bénéfice de leur salaire.Il doit bien subsister une raison fondamentale qui ne soit pas aussi irrationnelle. En effet, même si le détail de ses revendications ne va pas toujours dans ce sens parce-que sa corrélation est plus ou moins consciente, j'ai le sentiment que le malaise profond de cette corporation trouve sa source dans sa confrontation avec une certaine partie de la population marseillaise à la nature délétère.

 

En outre, le clash social à la RTM, est conforté par l'apparente volonté pernicieuse de certaines personnalités locales de la cité phocéenne à l'encontre des agents de la régie, en terme d'image, pour des raisons démagogiques.Cela en alléguant de temps à autre, par voie de presse, des propos de nature à jeter l'opprobre et le discrédit sur les traminots .Ce qui n'atténue pas, au demeurant, l'hostilité de certains individus envers les les chauffeurs de bus marseillais.

 

Il est clair que si les traminots marseillais ne travaillaient pas dans de telles conditions, ils n'auraient pas autant envie de protester. Et d'autre part, ce qui est de nature à démotiver les agents de conduite, c'est la traditionnelle ignorance des pouvoirs publics locaux vis à vis des très importantes difficultés de circulation des véhicules de transport, toujours en butte au déferlement du stationnement sauvage sur leurs voies de circulation, ce qui les empêche d'être fiables en terme de ponctualité pour leurs utilisateurs.Lesquels, finissent d'ailleurs par se lasser des attentes prolongées aux arrêts...et de s'en détourner.Engendrant par là-même, un manque à gagner substantiel pour la recette de la régie.

Voilà qui n'est pas de nature à permettre une réduction de la subvention d'équilibre destinée à la régie des transports de la ville. Aide économique, bien évidemment issue de la contribution publique locale.

Ce qui n'empêche pas la communauté urbaine de Marseille de faire preuve de mesquinerie envers les traminots marseillais. En effet, des décideurs ont estimé que la marge de temps qui permettait quelquefois aux chauffeurs de bus de souffler quelques minutes au terminus, revenait trop cher à la communauté urbaine, et l'ont supprimée.Dans la situation antérieure à cette initiative, ces quelques minutes supplémentaires donnaient la possibilité aux bus de la RTM, d'accomplir dans les délais, leur parcours aux heures de pointe.Ce qui n'est plus le cas avec le temps théorique actuel alloué aux bus pour boucler leur itinéraire.Il n'a pas été tenu compte de la fluctuation à la hausse de la densité de la circulation aux heures de sortie des bureaux.Cela va avoir à l'évidence, une incidence très fâcheuse sur les conditions de transport des marseillais.Il est à noter que cette restriction rentre dans le cadre d'une restructuration du réseau de bus qui consiste à réduire les voitures en service, par rigueur économique suite aux dépenses colossales liées au chantier de la réalisation du tram, et à la volonté de transfert de la clientèle des autobus sur ce nouveau moyen de transport, qui ne dessert au demeurant qu' un seul secteur  de la périphérie de l'agglomération marseillaise..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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